Il y a des jeux qui vous proposent de sauver le monde. D’autres veulent vous faire devenir le meilleur mercenaire de la galaxie, le chef d’une armée interstellaire ou, dans le pire des cas, un énième élu capable de sauver une princesse qui avait visiblement beaucoup trop confiance dans les compétences du héros. Et puis il y a Nivalis Nights.
Ici, pas besoin de sauver le monde. Enfin… pas tout de suite. Votre grande aventure commence avec un simple stand de nouilles, dans une gigantesque ville cyberpunk coincée entre l’océan et les nuages.
Votre mission ?
Faire tourner votre business, servir des clients, acheter un appartement, faire pousser des ingrédients, pêcher et vous faire des amis. Peut-être même tomber amoureux. Et, accessoirement, éviter de vous faire découper par un tueur en série pendant que CorpSec fait régner l’ordre dans les rues.
Bienvenue à Nivalis.

Nivalis Nights, c’est quoi exactement ?
Développé par ION LANDS, déjà responsable de Cloudpunk, et édité par 505 Games, Nivalis Nights est officiellement présenté comme un mélange d’aventure, de RPG et de simulation.
Mais ces trois mots ne racontent finalement pas grand-chose. Le jeu est surtout un Life Sim cyberpunk, auquel viennent se greffer des mécaniques de gestion, de décoration, d’exploration, de relations sociales et même quelques éléments beaucoup moins tranquilles.
Vous pouvez développer votre activité, gérer des restaurants et des boîtes de nuit, acheter et décorer des appartements, cultiver vos propres ingrédients, partir pêcher, rencontrer les habitants et développer des relations avec eux.
Et si tout cela ne vous suffit pas, vous pouvez également vous intéresser aux activités un peu moins légales de Nivalis. Parce qu’après tout, pourquoi se contenter de vendre des ramen quand on peut également saboter ses concurrents ?
Le jeu est sorti le 29 septembre 2026 sur PC, au prix de 24,99 € avant promotion de lancement. Et franchement, sur le papier, le programme est plutôt chargé.
Mais au fait, c’est quoi un Life Sim ?
Si vous avez déjà joué à The Sims, Stardew Valley ou Animal Crossing, vous avez probablement déjà mis un pied dans ce genre de jeu.
Le principe est relativement simple : vous vivez, pas besoin de sauver le royaume toutes les quinze minutes. Vous pouvez simplement décider de ce que vous allez faire de votre journée. Travailler, aménager votre maison, rencontrer des gens, développer une activité, surtout faire de l’exploration, faire pousser des …. trucs et pêcher. … Et recommencer le lendemain.
La différence, c’est que Nivalis Nights remplace le petit village tranquille par une gigantesque métropole cyberpunk. Ici, pas de ferme avec trois poules et un voisin qui vient vous offrir une recette de gâteau. Vous avez droit aux néons, aux corporations, aux gangs, aux restaurants, aux appartements hors de prix et à une ville qui semble avoir décidé que le soleil était une option payante. C’est cette ambiance qui constitue l’une des principales forces du jeu.

ION LANDS : après Cloudpunk, retour à Nivalis
Pour comprendre Nivalis Nights, il faut revenir quelques années en arrière.
ION LANDS s’était déjà fait remarquer avec Cloudpunk, une aventure narrative qui nous permettait de parcourir Nivalis au volant d’un véhicule volant. La ville était alors essentiellement un décor gigantesque à observer depuis les airs. Avec Nivalis Nights, le studio change complètement d’échelle. Cette fois, on ne se contente plus de traverser Nivalis. On y vit.
Et ça change énormément de choses. La ville doit désormais être capable de fonctionner autour du joueur. Les personnages doivent exister. Les commerces doivent fonctionner. Les activités doivent avoir un sens. Les relations doivent évoluer. La météo doit changer. Les journées doivent passer. Et surtout, tout cela doit fonctionner sans transformer votre PC en chauffage d’appoint.
Une ville entière à faire fonctionner
C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants du développement de Nivalis Nights.
Parce que le jeu essaye de donner l’impression que sa ville fonctionne même lorsque vous ne la regardez pas. Et forcément, cela pose quelques problèmes. Vous ne pouvez pas demander à un ordinateur de calculer en permanence la position, les animations, les interactions et le comportement détaillé de milliers de personnages.
ION LANDS a donc travaillé sur différents niveaux de simulation. Un personnage éloigné du joueur n’a pas besoin d’être simulé avec le même niveau de détail qu’un PNJ qui se trouve juste devant vous. C’est un principe classique dans le développement vidéoludique, mais particulièrement important ici.
Le studio explique également avoir travaillé sur des systèmes permettant de gérer de très nombreux personnages et objets tout en limitant la charge demandée au moteur. Et ce genre de détail devient particulièrement intéressant lorsque l’on réalise à quel point Nivalis Nights essaie d’empiler les systèmes. Parce que le jeu ne se contente pas de vous faire marcher dans une jolie ville. Il essaie de vous faire croire que cette ville vit.

Une ville qui veut être plus qu’un décor
Nivalis est probablement le véritable personnage principal du jeu. La ville s’étend de l’océan jusqu’aux nuages et mélange plusieurs quartiers, activités et ambiances. On y trouve évidemment les restaurants et commerces que vous allez développer.
Mais également :
- des appartements
- des zones commerciales
- des docks
- des quartiers plus dangereux
- des habitants avec leurs propres histoires
- des activités annexes
- des lieux à découvrir
Le tout est renforcé par un cycle jour/nuit et un système météorologique. Et c’est justement ce qui donne au jeu cette sensation assez particulière. Vous pouvez passer une soirée entière à simplement vous balader. Ou décider que votre priorité du jour est de faire tourner votre restaurant. Ou encore partir pêcher.
Oui.
Vous pouvez être un entrepreneur cyberpunk spécialisé dans les ramen et passer votre après-midi à regarder des poissons.
2026 est décidément une époque formidable.
Le petit changement de nom qui a fait parler
À l’origine, le jeu s’appelait simplement Nivalis. Puis il est devenu… Nivalis Nights.
Pourquoi ?
Le changement n’est pas lié à une simple décision marketing. ION LANDS a expliqué avoir été relativement silencieux pendant plusieurs mois en raison d’un problème juridique avec un tiers. L’affaire a finalement été résolue et le studio a annoncé le nouveau nom ainsi que la date de sortie du jeu.
Pas vraiment de quoi déclencher un scandale international ou convoquer le tribunal de Night City. Mais suffisamment pour expliquer pourquoi le projet est resté discret pendant une période assez longue. Et surtout, cela explique pourquoi certains joueurs ont connu le projet sous son ancien nom pendant des années.

Bienvenue à Nivalis
Bon.
Parlons maintenant de l’univers. Parce que derrière les néons et les restaurants, Nivalis n’est pas exactement une ville de vacances. Le quartier dans lequel vous évoluez est notamment confronté aux actions de CorpSec, aux gangs et à la présence d’un mystérieux tueur en série. Le jeu mélange donc deux atmosphères assez différentes.
D’un côté :
« Tiens, je vais décorer mon appartement avec cette jolie plante. »
De l’autre :
« Tiens, pourquoi il y a encore un cadavre dans la rue ? »
C’est probablement ce contraste qui rend l’univers intéressant. Nivalis Nights ne cherche pas à construire un cyberpunk uniquement sombre et désespéré. La vie continue, les habitants travaillent, les restaurants servent des clients, les gens tombent amoureux, les joueurs pêchent et pendant ce temps, la ville continue lentement de se fissurer.
Et concrètement, on fait quoi ?
C’est probablement la question la plus importante. Parce qu’un joli univers ne suffit pas à faire un bon jeu.
La réponse courte ? Beaucoup de choses.
🍜 Faire fortune avec des nouilles
Votre aventure commence modestement. Très modestement.
Vous récupérez un petit stand de nouilles et votre objectif sera progressivement de développer votre activité. Restaurants, bars, établissements plus importants et finalement nightclubs peuvent venir compléter votre empire.
Il faut donc :
- gérer les ingrédients
- découvrir des recettes
- gérer les stocks
- équiper vos établissements
- choisir ce que vous souhaitez vendre
- développer votre activité
Le jeu semble d’ailleurs proposer une profondeur de gestion plus importante que ce que son apparence « Life Sim tranquille » pourrait laisser penser.

🏠 Votre appartement, votre royaume
Parce qu’un entrepreneur cyberpunk sans appartement hors de prix n’est finalement qu’un entrepreneur classique. Nivalis Nights permet d’acheter et de décorer plusieurs logements. Mobilier, organisation, personnalisation… Le système vient directement renforcer le côté Life Sim.
Et c’est aussi l’une des mécaniques qui devrait parler aux joueurs qui aiment passer autant de temps dans le menu décoration que dans le jeu. Vous voyez très bien de qui je parle. Vous avez probablement déjà passé trois heures à déplacer un canapé de 15 centimètres.
❤️ Des relations, des amis… et peut-être plus
La ville n’est évidemment pas peuplée uniquement de clients. Vous allez rencontrer de nombreux personnages, découvrir leurs histoires et développer différentes relations. Amitié, romance, interactions sociales…
L’idée est que Nivalis ne soit pas simplement une ville à parcourir mais également un endroit dans lequel votre personnage va progressivement trouver sa place. Et c’est une mécanique importante pour un Life Sim. Parce qu’au bout d’un moment, ce ne sont plus les systèmes de jeu qui nous font revenir. Ce sont les personnages.
🎣 Parce qu’un Life Sim sans pêche n’est pas un Life Sim
Je ne sais pas exactement à quel moment la pêche est devenue obligatoire dans le genre. Mais elle est là. Évidemment. Vous pourrez rejoindre les docks, prendre votre bateau et partir explorer les eaux autour de Nivalis. Et le système va plus loin qu’un simple mini-jeu. Les développeurs ont notamment travaillé sur la simulation de nombreux poissons pouvant former des bancs.
Autrement dit :
pendant que vous essayez de faire tourner votre empire de restaurants… les poissons, eux aussi, ont leur petite vie. Et ça, honnêtement, c’est plutôt cool.

♟️ Et puis il y a… les échecs
Parce que pourquoi pas. Nivalis Nights propose également des mini-jeux et notamment un tournoi d’échecs cyberpunk. Oui.
Nous sommes officiellement arrivés à un moment où le jeu vous permet de gérer un restaurant, pêcher, décorer votre appartement, développer vos relations, explorer une ville cyberpunk et participer à un tournoi d’échecs.
Il manque quoi ?
Un simulateur de plomberie ?
Quand la nuit tombe, les règles changent
Le titre Nivalis Nights n’est pas là uniquement pour faire joli sur la jaquette. La nuit apporte notamment son lot de contraintes et d’opportunités. Le couvre-feu peut modifier votre manière de vous déplacer et certaines activités deviennent alors possibles. Notamment le sabotage.
Parce qu’entretenir de bonnes relations avec ses concurrents, c’est bien. Mais leur rendre la vie impossible dans l’ombre… C’est apparemment encore mieux.
Le jeu permet donc d’emprunter des chemins beaucoup moins légaux pour progresser. Et cela ajoute une petite couche de liberté bienvenue à la gestion de votre empire.
Alors, ça donne quoi ?
C’est probablement là que les choses deviennent intéressantes. Parce que Nivalis Nights semble avoir réussi une chose assez difficile : donner envie de rester dans son monde.
Les premiers retours Steam sont actuellement « Majoritairement positifs », avec environ 73 % d’avis favorables au moment où j’écris ces lignes.
Et les retours positifs mettent notamment en avant :
- l’ambiance
- la direction artistique
- la richesse du monde
- les possibilités offertes
- le côté relaxant
- les systèmes de gestion
Mais tout n’est évidemment pas parfait.

Le problème qui revient : les performances
C’est probablement le principal point de vigilance actuellement. Nivalis Nights essaie de faire énormément de choses en même temps. Et cela se ressent parfois techniquement.
Les premiers correctifs post-lancement se concentrent justement sur les performances et différents bugs. Le patch du 2 octobre corrige notamment un problème qui pouvait dégrader progressivement les performances après plusieurs chargements de sauvegarde.
Les joueurs sur Steam Deck semblent également rencontrer des difficultés plus importantes dans les zones très peuplées, avec des chutes de framerate rapportées dans certains secteurs. Et ce n’est finalement pas très surprenant.
Faire tourner une ville vide est relativement simple. Faire tourner une ville qui veut donner l’impression que tout le monde fait quelque chose en permanence, c’est une autre histoire.
Nivalis Nights : le gigantesque buffet cyberpunk
Et c’est finalement là que je trouve Nivalis Nights particulièrement intéressant. Le jeu veut énormément de choses.
Il veut être :
- un Life Sim
- un jeu de gestion
- un RPG
- un jeu d’exploration
- un simulateur de restaurant
- un jeu de décoration
- un jeu de pêche
- un jeu de romance
- un jeu narratif
- et accessoirement une aventure cyberpunk
C’est beaucoup, peut-être même trop. Mais c’est aussi ce qui fait son charme. Nivalis Nights ressemble parfois à un gigantesque buffet où les développeurs auraient posé absolument tout ce qu’ils avaient envie de faire. Et quelque part… ça fonctionne. Pas toujours parfaitement. Pas toujours sans bugs. Mais suffisamment pour donner envie de retourner dans la ville.

Du coup, on retourne à Nivalis demain ?
C’est finalement la question que je me pose avec ce genre de jeu.
Pas : « Est-ce qu’il est parfait ? » Il ne l’est clairement pas.
Pas non plus : « Est-ce qu’il possède les meilleurs graphismes ou les meilleures performances ? » Il y a encore du travail à ce niveau.
La vraie question est beaucoup plus simple :
Est-ce que j’ai envie de relancer le jeu demain ?
Et Nivalis Nights semble avoir trouvé une réponse plutôt convaincante. Il possède cette capacité assez rare à nous faire oublier momentanément qu’on joue à un jeu. On ne cherche plus forcément à optimiser. On ne cherche plus forcément à terminer une quête. On va simplement faire un tour.
On passe au restaurant. On parle à quelqu’un. On achète un meuble. On part pêcher. On revient. La nuit tombe. Les néons s’allument. Et finalement… on reste encore cinq minutes. Puis une heure.
Bienvenue à Nivalis. La ville est peut-être en train de s’effondrer. Mais au moins, les nouilles sont prêtes.



